Le jeudi 29 mai 2008
Les plus beaux yeux du monde : drame intime fait en famille

Pierre-Luc Brillant et Charlotte Laurier dans Les plus beaux yeux du monde.
PHOTO: Films Vespara
LES PLUS BEAUX YEUX DU MONDE

La Presse
Les plus beaux yeux du monde marque le retour, devant et derrière la caméra, de Charlotte Laurier, la comédienne au regard inoubliable. Charlotte Laurier n’est pas seule puisque son conjoint, ses filles, son père et sa soeur prêtent main forte à ce drame intimiste.
À l’origine, les racines. Marion (Charlotte Laurier) est française. Elle vit au Québec depuis 17 ans et traîne un fond d’accent français, des regrets, et des souvenirs aussi. Enfant, elle était ballerine dans une famille d’artistes du cirque (pour les retours en arrière, Marion enfant est interprétée par la fille de Charlotte, Pialli Courchesne-Laurier, et sa mère l’est par sa propre soeur, Angela).
Un jour, Marion décide de quitter mari (Patrice Savard) et filles. La crise semble irrationnelle, et Marion est prête à se perdre, dans des boulots merdiques, dans des bras étrangers, dans la campagne québécoise, dans la jungle urbaine de New York.
Le couple Pascal Courchesnes-Charlotte Laurier parvient à donner chair aux errances intérieures de Marion, perdue entre un passé révolu et un présent de mère. Comme l’héroïne de Toi, de François Delisle – malheureusement passé presque inaperçu -, Marion se perd en elle-même, perd le fil, et Les plus beaux yeux du monde perdent un peu le spectateur.
Plus que la quête intérieure (dont l’objet reste, après tout, tout à fait inconnu), Les plus beaux yeux du monde interpelle le spectateur sur son héritage, sa place dans une lignée familiale, ses propres faillites.
Les plus beaux yeux du monde souffre visuellement de maladresses, de scènes trop floues. Des lacunes qui renforcent le sentiment d’inachevé que donne le film. Malgré tout, la sincérité du propos ne laisse pas indifférent.
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